La gauche et la ville autonome de Buenos Aires

Susana Roitman

 

Le dimanche 24 juin est arrivé ce qui était annoncé par les enquêtes : Macri a vaincu à Filmus dans le ballotage par l'intendance de la ville de Buenos Aires, par plus de 20 points.

A peines ont été connus les résultats du premier tour, trois semaines avant quand 45% de votes pour Macri a été surprenante, la gauche " porteña " a commencé à débattre des positions face au deuxième tour. Sans espace pour jouer dans les medias massifs, des centaines de porteños de cette vaste, ambiguë et fragmentée gauche argentine ont fait catharsis par l'intermédiaire de mails et ont tissé un réseau socio-technologique où circulaient des centaines de textes sur le sujet: abattues, longs et persuasifs.(suite...)

 

Vers une nouvelle économie sociale, comme alternative à l'économie néolibérale

Luis H. Busso

Au moment où commence l'irruption du néolibéralisme, comme conséquence de l'écroulement des pays socialistes promus par l'ex-URSS, ni l'économie étatique ni l'économie sociale n'étaient préparées à se confronter aux grandes entreprises multinationales. Le résultat de ceci a été que de nombreuses grandes entreprises, des deux économies, ont disparu ou se sont réduites aux conditions de survie.

Cependant, plus que par la disparition des méga-entreprises étatiques et solidaires, les groupes économiques étaient intéressés par la perspective que, celles-ci se transforment en entreprises de capital, une transformation obtenue dans beaucoup de pays par une importante campagne de privatisations, qui a mis aux mains du capitalisme néolibéral des milliers de grandes entreprises de l'économie étatique. (suite...)


Le tango y ses femmes: l'attente

Fatma Oussaifi

Sa tanda préférée résonne soudain. Cela faisait une bonne heure qu'elle attendait. Le bal était étrangement vide ce soir là, en fin vide de cavaliers…d'hommes quoi. Puis y en a un qui avance vers elle et lui fait un signe de la tête. Elle répond au "cabeceo", sans se précipiter et se lève. Elle le précède vers la piste sous le regard envieux de celles assises en ligne droite à reluquer de loin le bal.

Le tango est une musique, une danse mais également une manière d'être. Le tango est joué, est chanté, est dansé, mais il est également observé, ressenti, souffert…et comme le dit le tango lui-même, " la vida es un tango ".

Etant moi-même danseuse de tango, m'a toujours intrigué cette relation entre le danseur et la danse, loin des clichés de passion aveugle, de rapport quasi charnel qui entachent le tango et à mon sens le rabaissent.(suite...)


Lettres de Paris : La réponse officielle

Juan Carlos Alarcón

On pourrait dire que tout a commencé il y a de cela une éternité. On pourrait dire que le printemps en France n'est pas toujours égal, ses couleurs ne sont pas non plus toujours pareilles. On pourrait même ajouter que la destinée des gens est comme ces oiseaux stupides des villes qui ne savent pas où aller. Je dis cela, parce que depuis trois ou quatre ans, dans le quartier où j'habite, nous attendons que des travaux de réfection soient effectués, à l'intérieur des demeures comme à l'extérieur.

Bien sûr!... Il vaut mieux expliquer que, pendant des années, nous avons réalisé des centaines de réunions. Nous avons invités à manger des conseillers municipaux, quelques députés, et même, j'ai le souvenir que nous avons fait les yeux doux à un ministre qui a fini par se perdre dans les rues du quartier. (suite...)


Une question de conscience 

Luis Benitez

Il n'y a pas beaucoup de gens qui connaissent la vie du père du romancier Alexandre Dumas. Thomas Alexandre, marquis de la Pelleterie, d'origine latino-américaine, a été général sous Napoléon, qui une fois a désobéit au Grand Corse, ce qui lui a valu son rang, sa position et a failli lui coûter même la vie, avant qu'arrive à terme la révolte haïtienne qui a signifié l'indépendance de cette île caribéenne.

Pour Haïti, l'arrivée de la Révolution Française et la proclamation des droits de l'homme avaient été de grandes illusions qui ont secoué les chaînes coloniales. Si les maîtres avaient changé, la condition des soumis, elle, est restée intacte. 

Il y avait en Haïti une moyenne d'un million d'esclaves, travaillant dans 2.000 fermes. Fatigués d'attendre une liberté qui ne venait pas, en 1791, les esclaves haïtiens se sont révoltés en incendiant les cultures et en assaillant les maisons patronales. (suite...)


Le CELCIT : qu'est-ce qui arrive au théâtre indépendant d'Amérique latine ?

Juan Carlos Alarcón

Depuis les expressions religieuses du théâtre précolombien, jusqu'au présent, beaucoup de choses se sont passées. De fortes influences théoriques ont été ressenties, comme celle de Bertold Brecht, et les apports qui ont laissé leur marque de la part de certaines personnes comme le colombien Enrique Buenaventura avec le (TEC) Théâtre Expérimental de Cali, le brésilien Augusto Boal qui a proposé son Théâtre de l'Oppressé, le chilien Pierre de la Barra qui a poussé la scène théâtrale vers tout le continent; il y a aussi eu des groupes comme " Rajatablas " du Venezuela et " La Candelaria " de la Colombie qui ont inscrit le théâtre comme un instrument de discussion sur la réalité sociale, ou encore " El Galpón " uruguayen avec son travail minutieux d'acteurs, et même Cuba, où le groupe de Théâtre Escambray a laissé une école de comédiens. (suite...)