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Quand l'aumône est grande, même l'aveugle se méfie |
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Juan Carlos Alarcón |
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L'aide alimentaire rendue aux pays pauvres est, en général, une subvention masquée qui bénéficie aux agriculteurs des pays dominants. Les EU continuent d'envoyer des céréales comme un programme de leur politique économique interne. Il faut consulter le catalogue des "35 premières années" du Programme Alimentaire Mondial pour se rendre compte que l'aide alimentaire des EU est une manière de soutenir les propres agriculteurs nord-américains. Le concept "d'aide alimentaire" est né dans les années 50, quand les EU ont trouvé que les excédents agricoles étaient trop importants et qu'ils altéraient l'économie interne. Ils ont alors, fixé parmi leurs buts l'action de "développer et d'étendre les marchés d'exportation de leurs excédents agricoles". C'est-à-dire, en pratique, le Ministère de l'Agriculture achète chaque année à ces agriculteurs américains une quantité de produits qu'il distribue, de suite, aux pays souffrant de pénuries alimentaires. La Solagral, ONG indépendante, a déjà dénoncé cette situation, en expliquant que "l'aide alimentaire des EU est plus que tout un instrument de la gestion économique de leur marché intérieur". Et il doit y avoir beaucoup de vrai dans ses accusations, parce que l'on constate que le niveau "d'aide" est toujours proportionnel à la quantité d'excédents américains. Quand les agriculteurs produisent plus que leurs besoins l'aide internationale augmente, et quand ils produisent moins, l'aide diminue suivant les mêmes proportions. De nos jours, l'aide alimentaire fait partie des négociations de l' OMC (Organisation Mondiale du Commerce) comme une subvention déguisée.
Pour les pays non développés industriellement, il est interdit d'appliquer des politiques de subventions à cause de "l'ajustement structurel" que les organismes internationaux de créance leur imposent. Dans le rapport du PNUD (Programme de Nations Unies pour le Développement) de 2005, on explique que "Les pays sous-développés perdent environ 24 milliards de dollars par an grâce au protectionnisme agricole et ses subventions pratiqués par les pays riches".
L'annulation de ces dettes nous est toujours et naturellement, intéressante, et nous devrions même en être contents, parce que nous pensons que nous avons gagné une bataille aux fabricants du capitalisme sauvage, ceux qui se sentent propriétaires du monde. Cependant, la réalité est différente. En ne donnant plus de nouvelles possibilités de créance aux pays pauvres, les grandes instances financières internationales leurs imposent, de continuer dans les mêmes positions de misère. L'exemple de cet acte "généreux" a été observé dans le cas de la Bolivie, un pays fort endetté. La dette de la Bolivie revenait en négociant entre les banques commerciales à moins de 5 % de sa valeur de créance formellement due. C'est-à-dire que, les banques internationales considéraient que la Bolivie pouvait seulement payer que 50 millions de dollars du milliard qu'elle leur devait, et fut ainsi annulée la dette considérée irrécupérable à cause de l'accumulation des intérêts. Le "Plan Brady" a annulé ainsi des proportions importantes de la dette de ses principaux créanciers en laissant de côté tout ce qui était impayable. La communauté financière internationale a sauté de joie, parce que les actions boliviennes ont augmenté de valeur et ont appuyé ces mesures. Les titres de créance de la BM et du FMI ont eu une très forte augmentation.
Ainsi, chaque fois que dans un pays du Tiers Monde sont élus des gouvernants qui n'acceptent pas ces nouvelles règles du jeu, et qu'ils essaient de faire des économies sur le PIB pour contrecarrer les politiques de domination, cela produira des mouvements populaires contestataires qui pousseront leur chute. Pour la CIA, comme pour tout autre organisme souterrain, il sera plus facile et plus "démocratique" d'impulser ces réponses des mouvements sociaux pour créer les conditions nécessaires à que ce soit le peuple lui-même qui choisisse de nouveaux candidats néolibéraux. Cela s'est vu au Venezuela avec l'histoire de la chaîne de télévision. Cela a été également le cas avec ce qui s'est récemment passé dans la ville du Buenos Aires. Alors : pourquoi promouvoir des coups d'États militaires dans les pays sous-développés si les mêmes hommes politiques seront obligés de suivre des politiques libérales ? |