Accords tièdes dans une planète chaude. Jusqu'à quand la négligence du fanatisme économique?

Hugo Busso


Les réalisations les plus importantes de notre civilisation sont à la fois les limites les plus alarmantes et les plus apocalyptiques. La rationalité scientifique et productive s'est révélée irrationnelle dans les conséquences environnementales à court et moyen terme. Le problème de la vie et du vivant, est l'anachronisme de la société de consommation et la recherche effrénée de profits. L'heure est arrivée pour "civiliser" la pulsion de mort d'une manière historique et contingente d'organisation sociale, le capitalisme, qui produit objectivement plus de risques que de solutions.

La première semaine de juin 2007, le groupe des huit pays le plus puissants et polluants, s'est réunis en Heiligeindamm (Allemagne), pour décider tièdement des actions en commun dans le but de combattre le réchauffement de la planète. Parallèlement aux discussions politiques des représentants étatiques, les organisations et les associations environnementalistes et altermondialistes ont inondé les rues pour manifester auprès des présidents et exiger la prise de responsabilités au niveau des problèmes actuels. La conclusion de la rencontre officielle a été que ces huit pays devaient cesser les émissions de gaz responsables "de l'effet de serre". On parle beaucoup, mais jusqu'à présent ce qui est fait et ce qui est décidé est insuffisant.

Le G8 est responsable de 40% des émissions du CO2 actuel du monde et de 86% depuis l'ère industrielle. Le 20% de la population mondiale consomme le 80% des ressources de la planète. Les évidences des risques environnementaux et la pression politique agissent comme un frein à la dépersonnalisation du système qui soutient la mondialisation économique, au détriment de la vie et de la diversité culturelle.

Les prévisions de scientifiques et des experts sur ce sujet sont beaucoup plus profondes et alarmantes que les mesures prises par des politiciens, les Etats et les institutions mondiales. Le réchauffement indique que nous sommes très loin du niveau requis pour résister aux inconvénients et aux défis produits depuis la révolution industrielle. Par exemple, si nous prenons en considération la période de 1990- 2004, les Etats-Unis ont augmenté les émissions de CO2 de 15.8%. La croissance spectaculaire des chinois montre les conséquences : en 1990 les émissions de CO2 liées à l'utilisation de combustibles fossiles passent de 2.289 (millions de tonnes) à 4.769 en 2004. C'est à dire + 108% et + 15% seulement dans 2004 !! L'Amérique latine augmente non seulement la pauvreté et la déforestation : les émissions de CO2, dans la même période (1990-2004) passent de 895 à 1281 (millions de tonnes).

Ça fait déjà quinze ans que la communauté internationale a officiellement reconnu les tendances et les conséquences des changements climatiques. La rencontre historique de Rio de Janeiro en 1992 et le protocole de Kyoto (Japon) en 1997, avec l'opposition des Etats-Unis et de l'Australie, quantifiaient le compromis de réduction des émissions dans la période 2008-2012 de 5.2% par rapport au niveau de 1990. Le problème est qu'on est loin de soutenir les accords et les compromis.

L'obsession de la croissance économique devrait avoir un contrepoids avec une " décroissance soutenable " et sélective des pays du G8 et des enclaves les plus riches des pays du sud. Ceci impliquerait un changement d'orientation des priorités, qui s'opposeraient aux intérêts de l'actuel modèle de croissance épuisé. Quelques sujets clés et des possibilités alternatives qui montrent des tendances aux valeurs hégémoniques: éviter la concentration; privilégier la gestion coopérative; un plus grand règlement soutenable de la production; l'extension de la propriété, l'espace, les services publics de base non privatisables; entre d'autres points de base de changement. Nous sommes loin de freiner l'irrationalité, mais on a commencé a prendre conscience individuellement et à agir pour qu'un autre monde soit possible.

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