En faisant l'histoire: Simón Bolívar (1783 - 1830)

Román Eduardo Gómez


Simón Bolivar est né à Caracas et a été disciple de Simón Rodríguez qui l'a élevé selon les idées d'un penseur libre. C'est à lui que Bolivar a juré, à 22 ans, de ne pas se donner de repos avant d'abattre le dernier bastion espagnol en terre américaine. Il a accompli cette promesse 25 ans plus tard, en renversant le gouvernement colonialiste de la vice royauté en Amérique. Il a ainsi obtenu la liberté du Panama, de la Colombie, du Venezuela, de l'Équateur, du Pérou et de la Bolivie. Il a décrété la liberté des esclaves et a restitué le droit des natifs sur leurs terres.

" A l'occasion du Congrès d'Angostura en 1819, j'ai dit : La nature fait des hommes des êtres inégaux, dans leur génie, dans leur tempérament, leurs forces et leurs caractères. Les lois corrigent cette différence, en plaçant l'individu dans la société pour que l'éducation, l'industrie, les arts, les services, les vertus lui donnent une égalité fictive, proprement appelée politique et sociale. La réunion de toutes les classes dans un Etat, dans lequel la diversité se multiplie en raison de la propagation de l'espèce, est une inspiration éminemment bénéfique. 

C'est ce seul pas qui a arraché de la racine la cruelle discorde entre les hommes, et a été l'idéal politique que j'ai cherché avec les armes pendant des années. En chassant d'abord l'emprise espagnole que nous subissons depuis trois cents ans, et ensuite en unifiant cette terre en une unique et grande patrie.

J'ai été un plume au vent, au milieu de l'ouragan des événements. Mais, je me suis engagé et j'ai assumé tout à quoi je me suis compromis. Ma vie est entièrement dédiée à cela depuis ce jour dans la Montagne Sacrée, dans les environs de Rome, quand l'épée à la main et devant mon Maître Simon Rodríguez, je me suis exclamé : Je jure devant vous, je jure devant le Dieu de mes parents, je jure sur ceux-ci, je jure sur mon honneur et sur ma Patrie, que je ne donnerai pas de repos à mon bras, ni à mon âme, jusqu'à ce que soient cassées les chaînes que nous oppriment sous la volonté du pouvoir espagnol! 

Je me souviens bien, j'avais 22 ans en 1805. Rien n'a été facile. Terminée la guerre contre l'ennemi externe, commence la lutte interne qui n'est pas encore finie. Il était nécessaire de maintenir un pouvoir central, tandis que se consolidait la nouvelle république. Les fédéralistes avaient une opinion contraire. Ils voyaient dans le modèle des Etats-Unis; un modèle fédéraliste, ultralibéral, et d'esclavagiste; la formule pour gouverner les nations récentes. Ces fédéralistes étaient soutenus par plusieurs Etats des Etats-Unis. C'est une polémique qui m'a valu quelques attentats contre ma propre vie, dans l'un desquels j'ai été sauvé par la ruse de Manuelita Sáenz, appelée La Libératrice du Libérateur.

Beaucoup de victoires et de triomphes ont accompagné ma vie; mais j'ai eu la plus grande satisfaction, après avoir reçu la lettre du Maréchal Antoine José du Sucre qui me confirmait l'échec du dernier bastion espagnol.

Le 30 décembre 1824. Enfin je vous écris de Cuzco, et je vous écris maintenant qu'il n'y a plus d'ennemis au Pérou. Le souhait que vous avez exprimé d'achever la guerre dans cette année, s'est concrétisé et c'est l'une de mes plus grandes satisfactions. Je vous fais le présent du drapeau que Pizarro a apporté à Cuzco, il y a de cela trois cents ans : ce ne sont désormais que quelques bandes de tissu déchiré; mais ces bandes ont eu le mérite d'être les conquérantes du Pérou. 

Après 123.000 kilomètres parcourus à dos de cheval et de mule, sans laisser plus d'héritage que ma pensée de Liberté; je meurs exilé, malade et ironie du sort dans la maison d'un espagnol. 

Ma dernière déclaration est la suivante :

Colombiens! Mes dernières voix sont pour le bonheur de la patrie. Si ma mort contribue pour que se destituent les partis et se consolide l'Union, je descendrai tranquille au sépulcre. "
(Simón Bolivar)

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