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Les grossesses adolescentes en Amérique latine |
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Alicia Cruceira |
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L'Amérique latine est le continent qui possède l'indice le plus haut de jeune population sans accès aux biens économiques de base tels que l'alimentation, l'éducation ainsi que de dignes conditions d'habitat et de santé, à l'encontre des classes moyenne et haute dont le niveau de vie est bien supérieur.
L'adolescence est seulement une étape de la vie, et selon Margaret Mead, anthropologue et investigatrice américaine, cette étape se produit selon les cultures des pays. Le passage de l'enfance à la maturité peut se faire d'une manière abrupte. Par exemple, si dans l'île de la Samoa une petite fille de 13 ans peut être mère sans que la société ne sursaute de peur, dans les pays occidentaux ce phénomène se verrait très inquiétant. Les statistiques démontrent que ce phénomène concerne des jeunes filles âgées de moins de 18 ans et plus particulièrement dès 11 ou 12 ans ; c'est-à-dire, immédiatement après la première menstruation. En général il s'agit de grossesses non désirées, presque dans leur totalité, conséquences d'abus sexuels, de l'ignorance de différentes méthodes contraceptives ou encore de la propre irresponsabilité de l'immaturité de l'âge. La plus grande quantité de naissances se trouve dans les secteurs sociaux de majeure pauvreté chez les petites filles, et dans ce cas il s'agit de fillettes que ne sont pas scolarisées ou n'ont pas régulièrement fréquenté l'école. En plus d'assumer la responsabilité de l'éducation d'un fils, plusieurs de ces mères, doivent se transformer en chefs de foyer à faibles ressources économiques, ce qui les faire demeurer dans le même cercle vicieux de la pauvreté.
En Amérique latine, entre 10 et 21 % des hospitalisations pour avortement correspondent aux adolescentes entre 15 et 25 ans. De plus, un tiers des adolescentes hospitalisées pour avortement ont souffert de septicité, pour la moyenne d'un ¼ pour les femmes adultes. Plus d'un tiers des morts maternelles, parmi les adolescentes, sont le résultat direct d'un avortement incertain et dans des conditions sanitaires déplorables. La reproduction à l'adolescence, dans toutes les strates socio-économiques, est le résultat de plus grandes probabilités de perte intra-utérine, une forte mortalité infantile et une morbidité précoce, ainsi que des complications obstétriques et dans le puerpéraux pour les mères. Les plus grands risques sont constatés, avec clarté, jusqu'à la grossesse des jeunes de moins de 18 ans, puisque passé cet âge là, la biologie reproductive semble atteindre sa plénitude.
L'école a un rôle très important dans ce sujet, puisque la famille semble avoir disparu à l'aube de ce nouveau millénaire. Une politique éducative correspondante aux nécessités de la société dans laquelle elle évolue doit être formulée, en tenant en compte des différences que chaque secteur social présente et se doit de traiter des sujets tels que la sexualité. L'Etat doit faire face à la vérité et à la réalité, loin du romantisme que les adolescents peuvent voir au cinéma et à la télévision. L'État aura à aiguiser mieux ses politiques publiques et à apprendre, dans le cadre de l'éducation sexuelle, l'usage du préservatif et d'autres méthodes contraceptives, une chose qu'il semble avoir oublié, au fil du temps, dans cette société orgueilleuse de plus en plus accélérée dans laquelle nous vivons. La responsabilité d'être parents ne passe pas seulement par le fait de faire des enfants, mais aussi par celui de les faire arriver à la maturité avec une image saine d'eux-mêmes, en les transformant en personnes adultes, parmi les êtres humains capables d'améliorer la propre société qui les a conçus. |