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Femmes à la présidence en Amérique latine |
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Une avancée pour les femmes ? |
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| Fatma Oussaifi | ||
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Le troisième des objectifs du millénaire établis par le PNUD à une échelle internationale concerne l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes dans le monde. Il est précédé dans l'ordre des priorités du Programme des Nations Unies pour le Développement, par la disparition de l'extrême pauvreté et la faim qui elle, détient la première place et la garantie d'une éducation primaire libre et gratuite.
Chaque année le rapport du PNUD sur l'IDH et plus particulièrement en ce qui concerne les femmes est de plus en plus alarmant. Quoique lors de la dernière conférence internationale sur la condition de la femme qui s'est tenue au siège de l'ONU, à New York en février 2005, le ton de Kofi Annan se faisait optimiste." Au cours de cette décennie, nous avons enregistré des progrès tangibles sur plusieurs fronts ", a-t-il déclaré. Il a notamment salué le fait que davantage de filles bénéficiaient d'un enseignement à l'école primaire, tandis que les femmes étaient plus nombreuses que jamais à gagner un revenu . " De nouveaux défis sont également apparus ", a-t-il néanmoins souligné, évoquant le trafic des femmes et des enfants, ou la progression terrifiante du virus du VIH parmi celles-ci, en particulier les plus jeunes d'entre elles.
Ceci nous amène à nous arrêter sur une question centrale qui se présente inévitablement à chaque fois que de grandes instances internationales se réunissent pour parler de questions de femmes, qui est celle de la parité entre hommes et femmes. Ceci fait que dans la majorité des cas, les revendications et les luttes des femmes sur la scène publique (éducationnelles, professionnelles et salariales, politiques…) si bien dans plusieurs cas elles ne se résument pas à des revendications féministes, elles sont pourtant vues comme telles. Ceci est du au fait que ces domaines, appelés de la vie publique, restent encore dans plusieurs parties du monde réservés à un public majoritairement sinon exclusivement masculin. Le domaine qui gagne dans la prédominance masculine est sans aucun doute l'accès à la vie politique et aux hautes sphères de décisions publiques. Cet aspect fera l'objet de notre essai.
En 1966 la pionnière Indira Gandhi devient Premier Ministre de l'Inde, devancée par la srilankaise Simiravo Bandaranaike en 1960 et suivie en 1969 par Golda Meir, Premier ministre d'Israël. En ce qui concerne l'Amérique latine, l'entrée des femmes en politique a été assez précoce par rapport à d'autres continents. En effet, entre 1945 et 2005, dans le monde 17 pays différents ont été gouvernés par des femmes. Plusieurs parmi eux ont vu se succéder à leurs têtes des présidentes différentes. Parmi eux 6 pays latino-américains ainsi que 6 européen en comptant Malte.
En ce qui concerne le nombre de siège au parlement, en 2005 le Panama dépasse, avec 27,3% de sièges accordés aux femmes, le Royaume Uni qui lui n'en accorde que 24,4% et de laisse loin derrière l'Italie ou seulement 19,2% de sièges du parlement sont occupés par la gente féminine.
L'actualité présidentielle latino-américaine et féminine a été durant toutes l'année 2006 saisie par la victoire triomphale de Michelle Bachelet aux présidentielles chiliennes de janvier 2006. Celle qui s'est imposée dans l'un des pays les plus conservateurs d'Amérique latine a démontré que la politique n'était pas un domaine exclusivement masculin, quoique elle-même étant assez surprise de son propre succès. En atteste sa déclaration officielle après le résultat des scrutins. " Qui aurait cru que 20, 10 ou même cinq ans en arrière, le Chili aurait choisi pour présidente une femme ".
Un sondage publié dans le quotidien Clarin prédit d'ores et déjà à la première dame argentine une élection dès le premier tour avec 45% des suffrages exprimés. Si celle qu'on appelle la Hillary argentine gagne les élections d'octobre prochain, elle se transformera en la seconde présidente de gauche en Amérique latine après la chilienne Bachelet. Mais nous sommes en lieu de nous demander si les présidences féminines sont plus enclines à mettre en avant et résoudre des problèmes qui touchent directement les femmes et si l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes dans le monde, troisième des objectifs du millénaire du PNUD, serait plus réalisable avec des femmes au pouvoir.
Ceci se voit dans le cas de l'Argentine ou il s'agit d'un thème très débattu et polémique et dont la gravité et l'urgence sont considérables, vu le nombre de victimes qu'il engendre chaque année d'IVG sans mesures d'hygiène et de sécurité sanitaire. Néanmoins l'avortement légal n'est pour le moment pas une priorité dans l'agenda politique Kirchneriste. Le plus préoccupant c'est qu'il ne fasse pas non plus partie des projets de gouvernement de Cristina Kirchner. " Cristina a déjà annoncé qu'elle ne ferait rien pour dépénaliser l'avortement, parce qu'il ne s'agit pas d'une question qui lui paraisse prioritaire ".
Ainsi et partant de cette question précise de l'avortement, qui n'est point un détails dans la vie actuelle des femmes, se vérifie ce que la revue " Socialismo o Barbarie " annonce sur la présidence féminine et en vue de l'éventuelle présidence de Cristina Kirchner : " Il ne faut pas se croire que le fait d'avoir plus de femmes à la présidence représente une avancée pour les femmes en général." |