CULTURE


En fermant les yeux

María Ignacia Schulz

La Salsa me plaît. Ces rythmes si variés qui s'appellent La Salsa et que je danse lentement ou en me lâchant dans un déhanchement qui ne s'apaise qu'à la fin de la chanson. Quand j'écoute " sofrito " mon corps danse sur place, bouge, descend, monte. Je dois l'écouter en boucle pour que ma peau ne sente pas de frustration.

Et je me baisse délicatement sur un pied, je ne peux pas violenter le rythme. Je ferme les yeux, c'est la seule façon de danser. Sans un homme, sans un bâton de commandement qui me dise où aller, par où et comment.

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Pourquoi écrire de la poésie au 21e siècle

Luis Benítez

Ce n'est pas par répéter siècle après siècle (avec toute la probabilité) la question cesse d'être relative.

Les réponses ont été nombreuses, car la poésie est le genre littéraire le plus ancien de tous. C'était le premier, celui qui a donné naissance à tous les autres. Le registre le plus vieux de l'écriture se conserve dans le Musée Britannique et c'est un livre de poésie: " Le chant de Gilgamesh ", daté depuis 4.000 ans. Cependant, la poésie existait déjà depuis bien avant ce recueil évoqué, sûrement, et elle s'est transmise, et conséquemment déformée par la tradition orale, telle qu'il serait encore fait en Grèce par des siècles bien après l'auteur anonyme de Gilgamesh.

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L'entrevue à Neruda

Inés Martínez

J'ai vu Pablo Neruda la première fois en 1927, quand il est rentré au Service Diplomatique. Il s'était déjà occupé de divers métiers, mais, il était indiscutablement sur son talent poétique et sa vocation politique.

Je crois qu'à cette époque, j'avais environ 24 ans. J'étais envoyé comme correspondant au Chili, et pour cette occasion bien que l'interview ait été très brève, je suis restée impressionnée par sa versatilité et me suis promise de le revoir.

Ensuite, j'ai su qu'il était au Consul en Birmanie. Le Siam, la Chine, le Japon et l'Inde, passant à la fin par Barcelone et Madrid, où déjà en faisant l'année 1934, soi 10 ans après la dernière rencontre, et ayant été rapatrié. Sa passion pour la politique et pour la poésie avait touché son oeuvre d'un timbre d'identification.

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La violoniste bleue

Román Eduardo Gómez

Je sors de l'aéroport Charles de Gaule en poussant le chariot avec mes bagages, et je vois quelques bus que disent RER. C'est la navette entre l'avion et le train suburbain qui m'amène au centre de Paris.

Le RER est un transport hibride entre le métro et le train. Il est plus ample et confortable que le métro, mais moins rapide que le train. Dans le wagon dans lequel je monte, par hasard, une violoniste commence à jouer, la tête complètement rasée et habillée toute en bleu, comme le bleu de la période bleue de Picasso. Elle joue, presque magistralement, un air de Vivaldi, chose inattendue à l'intérieur d'un train. Mais, contrairement à d'autres musiciens qui jouent dans les trains, cette jeune fille joue assise. Chaque fois qu'elle finit de jouer un morceau, elle ne passe pas le porte-monnaie en demandant une collaboration. Non, elle reste assise sans rien dire, et quelques personnes avant de descendre lui laissent quelques pièces de monnaies sur sa robe.

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