|
L´EDITO |
||||
|
|
||||
| L´EDITO
L'Amérique Latine vit une période de mouvements électoraux, mais les résultats qui sortent des urnes ne changent en rien le panorama politique de la région. L'Europe devrait accepter que les nouveaux modèles économiques qui ont surgi ces dernières années produisent de meilleurs résultats que les modèles traditionnels du néolibéralisme, parce que les règles de marché ne sont pas le seul élément qui détermine les relations entre les nations. Bien que la mondialisation ait permis d'améliorer certaines conditions du sous-développement dans quelques régions d'Amérique Latine, nous voyons aussi comment le néolibéralisme cherche à créer de nouveaux espaces mondiaux pour nourrir ses gains.
L'Europe, qui cherche à dominer le monde en imposant des règles sociales et économiques comme paramètres "démocratiques", se trouve en son sein très divisée. Les mouvements incessants de population, les exodes, les exils créent de nouvelles situations précaires et sensibles. L'effort de la France, de l'Allemagne et de l'Angleterre pour contrôler et pour imposer la politique européenne n'est déjà pas très facile. La rivalité entre les nations domine sur les intérêts communs et, plusieurs fois, celles-ci connaissent des contradictions entre elles. Cela s'est vu dans les politiques d'immigrations à l'intérieur de l'Europe. L'Europe a du mal à reconnaître que la mosaïque des peuples et des cultures change rapidement avec le déplacement des immigrants. En 2003, il y avait 150 millions de personnes dans le monde qui résidaient dans un autre pays, depuis plus d'un an, sans que ce chiffre tînt en compte l'immigration clandestine qui continue à croître vertigineusement. Les mouvements migratoires ne sont pas seulement une problématique européenne, conséquence historique des anciennes colonies. La recherche de meilleures conditions de vie donne lieu à un mouvement d'expatriation ample et variable. A l'intérieur de l'Amérique Latine, il existe aussi des déplacements produits par la proximité géographique d'un meilleur développement économique dans le pays voisin, comme dans le cas de la Colombie et du Venezuela, de celui du Nicaragua et du Costa Rica, de l'Argentine et du Paraguay ou du Mexique et des Etats-Unis. Mais nous n'oublions pas non plus qu'en 1964, 260 000 Espagnols étaient installés en France, en Allemagne et en Suisse. Entre 1960 et 1973, il y a eu plus de 1,5 million de Portugais qui se sont expatriés de leur territoire. La différence de salaire est tentante, et pas seulement pour les classes pauvres. La main d'oeuvre qualifiée, les scientifiques et même les intellectuels sont eux aussi tentés par l'expatriation. Le cas de Haïti est un reflet de cela, il y a aujourd'hui davantage de médecins Haïtiens à l'étranger que dans leur pays natal. Les changements dans le monde prennent des formes qui doivent être considérées de manière nouvelle dans les relations entre les nations et les territoires, parce qu'ils affectent la nature profonde des sociétés. Les cultures semblaient se replier sur elles-mêmes au moment même où les frontières des connaissances semblaient se casser. Dans l'histoire l'intégration du marché n'a jamais été si grande entre les pays. Les hommes n'ont jamais échangé tant de choses entre aux, des biens et services aux cultures et religions. C'est dans ce processus régional d'intégration et d'échange que l'Union Européenne et le MERCOSUR sont nés comme des réalités économiques s'imposant entre les nations. Aucune nation ne peut s'arroger la propriété de la planète sans que cela ne lui apporte de grands problèmes internes et externes. Il est nécessaire de dialoguer. Mais la nécessité d'un dialogue ne passe pas seulement par la question économique, il faut aussi développer en même temps une stratégie internationale de l'immigration, avec de nouvelles solutions culturelles. Les pays doivent apprendre à avoir une conscience de politique internationale commune. Aujourd'hui, le désir de dominer le monde n'est plus suffisant ; aujourd'hui, il faut savoir le partager et mieux redistribuer les richesses. J. C. A. |
||||