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La culture en tant que processus de transformation sociale |
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Didi Cazeres |
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" Tout ce qui a été étudié comme utopie,
Pourtant, nous sommes nombreux à savoir qu'il y a une autre culture, alimentée par les éternels utopistes à partir d'une intention préalable qu'alimentent ceux qui spontanément résistent à l'ordre établi. García Canclini, nous présente la culture comme la réélaboration de la société qui peut la " reproduire " ou la " modifier ". Dans chaque action culturelle nous réalisons cette réduction ou modification, et ici il faut donner à l'acception " culture " la plus ample capacité d'expression. Ainsi nous pouvons dire que dans chaque acte de notre vie nous reproduisons ou nous modifions l'hégémonie culturelle. Nous voyons, de ce point de vue, que le Néozapatisme surgit comme un produit culturel de transformation où se conjuguent différents éléments antagoniques et se réélaborent des cultures subalternes les unifiant comme une alternative à la culture hégémonique.
L'éloignement de la culture hégémonique se fait au travers d'une " rupture " des concepts dominants ne fermant pas ces concepts mais en les dépassant. N'acceptant pas les préconçus ou ce qui est déjà défini, en reconnaissant qu'à l'intérieur de chaque homme il y a les symboles imposés par le système dominant. Nous posons la question à savoir que signifie " dépasser les concepts donnés " et nous trouvons une explication dans les propos de Fernando Matamoros Ponce dans la phrase : " un écho ou résonance dans d'autres mondes, parce que dans tous cette subjectivité se fait écho ". Nous voyons que toutes les expressions sont traversées par la culture dominante malgré le degré de subalternité que puisse posséder un groupe. En élaborant ce concept de García Canclini, nous observons que les cultures des peuples originaires ne maintiennent pas leur pureté ancestrale.
En analysant ce plus qui surgit à partir du Néozapatisme capable de s'approprier et de signifier encore les cultures originaires en conjonction avec la culture dominante, nous pouvons trouver quatre acteurs sociaux : des guérilleros, des indigènes, la théologie de la Libération et des anthropologues en tant que composante dialectique, et en tant que moteurs de ce mouvement social émergent. Fernando Matamoros Ponce, nous parle de " constellations du passé resignifiées dans l'actualité ", ceci nous montre qu'il y a un éloignement des formes traditionnelles que les zapatistes expriment ainsi : " nous commandons en obéissant " faisant référence aux Juntes de Bon Gouvernement, structure politique du zapatisme. Nous pouvons nous poser la question comment font-ils pour ne pas tomber dans les formes donneuses de sens imposées par le système et là nous trouvons le concept de " non identité " comme base de la stratégie de construction d'une nouvelle culture. Dans l'appropriation inégale des biens matériels, nous pourrions voir une limitation dans la possibilité de construction de la part des classes subalternes, mais, dans ce cas en particulier, la capacité de transformation qu'a eu ce mouvement transcende ses limites géographiques primitives.
Comment rompre avec la culture hégémonique qui nous entoure ? Nous comprenons pourquoi les zapatistes nomment parmi les quatre acteurs sociaux qui ont déterminé ce mouvement, les anthropologues, et on nous présente le concept de " dénaturaliser ou déquotidianiser le quotidien ". Aussi " l'étrangement " non seulement en fonction de l'étude de " l'autre " mais de tout notre environnement. Peut-être à partir de là nous verrons comment est-il possible de dire comme les zapatistes : " nous sommes vous " . |